03 juillet 2009
La Souris bleue
Lettre A du Challenge ABC 2009
J'ai eu une bonne surprise avec ce livre ! Un bon polar, si le terme est adapté, dans une ambiance britannique drôle et très noire à la fois. Les premières pages m'avaient pourtant rebutée, avec l'immersion dans une famille de Cambridge peu épanouie, dont la mère tombe encore une fois enceinte, en se demandant ce qu'elle fait là. Je mélangeais tous les noms des filles (Sylvia, Amelia, Julia et Olivia), je n'aimais pas le point de vue enfantin.
Jusqu'à la fin du premier chapitre, qui met une première claque, confirmée par la fin du deuxième. J'ai commencé à trouver ce roman très méchant. Des personnables adorables nous sont présentés pour mourir bêtement sous nos yeux. Dans les premiers chapitres, j'ai même eu l'impression d'être devant une saison de Six Feet Under, où on se demande toujours qui va mourir pendant les cinq premières minutes.
Ensuite, c'est l'enquête, avec un détective privé, Jackson, forcément divorcé et dépressif. Il tente de découvrir ce qui s'est passé trente ans auparavant. Le suspens est habilement mené par des flashbacks elliptiques. Certains mystères sont révélés de façon fortuite, à travers les remarques d'un personnage, dont on découvre soudain la véritable identité (pour certains, ce n'est pas une vraie révélation). On découvre peu à peu une histoire très triste et perverse, heureusement portée par des personnages attachants.
Kate Atkinson, La Souris Bleue, Editions de
Fallois,2004, 328 pages [Case Histories, 2004].
27 avril 2009
Mon premier meurtre
Leena Lehtolainen, romancière finlandaise, a déjà publié sept polars ayant pour héroïne l'inspectrice de police Maria Kallio. Seul trois d'entre eux ont été traduits en français à ce jour et c'est bien dommage.
Maria est l'héroïne typique que j'attendais : intelligente, passionnée de rock, la crinière rousse indomptable, une certain idéal de vie où n'entrent pas la surconsommation à crédit et l'élevage d'une nombreuse progéniture... Au début de l'histoire, âgée de 28 ans environ, elle a beaucoup de mal à s'imposer auprès de ses collègues du commissariat d'Helsinki. Alors qu'elle s'efforce de jouer les gros bras, elle se retrouve confrontée au meurtre d'une ancienne connaissance datant de ses années d'étudiante, le séduisant Jukka Peltonen. A travers les retrouvailles avec ses anciennes camarades, dont certaines chantent toujours à la chorale d'étudiants, elle interroge ses choix de vie et de carrière.
L'intérêt principal du livre n'est pas dans la résolution du meurtre (Jukka apparaît rapidement comme une tête à claques) mais plutôt dans la description de ce petit monde plus torturé qu'il n'y paraît. La fin donne dans le spectaculaire à outrance mais j'aimerais beaucoup continuer à suivre les enquêtes de cette sympathique policière.
Leena Lehtolainen, Mon premier meurtre, Gaïa Editions,
2004, 218 pages (Ensimmäinen murhani, 1993).
15 octobre 2008
Roseanna
Suède, Norvège, Islande... Il semble que les bons polars viennent des pays froids depuis quelques années. J'ai lu le premier tome de Millénium avec plaisir, tout en sachant que j'allais avoir du mal à emprunter les deux suivants, ce qui s'est confirmé. En attendant, j'ai décidé de revenir aux classiques, Sjöwall et Wahlöö en l'occurrence. Ce couple suédois a écrit une dizaine de romans policiers dans les années 60 et 70. Leur héros, l'inspecteur Martin Beck, est un homme plutôt banal, consciencieux dans son travail. Les intrigues révèlent une Suède moins paradisiaque que ne le prétendaient les discours de l'époque.
J'ai beaucoup aimé ce polar, qui ne m'a pas du tout semblé daté. L'écriture est réaliste, froidement descriptive lorsqu'il s'agit de délivrer les détails de l'enquête, d'une ironie légère lorsqu'elle s'attarde sur la vie personnelle des personnages principaux. L'histoire démarre avec un crime tristement banal : le corps d'une jeune femme est retrouvé dans un canal, visiblement victime de sévices sexuels. Martin Beck est appelé comme expert sur les lieux, pour constater que l'enquête va être longue et laborieuse. Personne ne vient réclamer le corps, personne ne semble s'inquiéter du sort de cette pauvre fille. La pitié qu'éprouve l'inspecteur l'empêche de chasser cette affaire de son esprit, au point d'en négliger sa famille qui, il faut bien le dire, ne l'enchante plus guère.
La non recherche du spectaculaire dans ce roman m'a vraiment plu. L'enquête va mettre des mois à démarrer, pour obliger les policiers à une fastidieuse recherche de témoins dispersés aux quatre coins du monde. On entend plus parler de procédures et de paperasses que de courses poursuites, même si l'action s'affole vers la fin. L'inspecteur Beck est tout le temps enrhumé, phobique des transports, cherchant à fuir sa femme. Le reste de l'équipe promet des personnages récurrents très sympathiques, avec Kollberg et Melander. A suivre !
Maj Sjöwall et Per Wahlöö, Roseanna, Union Générale
d'Editions, 1985, 288 pages (premier édition en 1965).
29 juillet 2008
Les larmes de la girafe
On retrouve avec plaisir Mma Ramotswe dans ce deuxième tome des aventures de l'Agence N°1 des Dames Détectives du Bostwana. Cette fois, les enquêtes passent un peu au second plan, tandis que la vie de Precious connaît des évolutions fulgurantes !
Pour commencer, le mariage avec J.L.B. Maketoni, "l'un des meilleurs hommes qui soient", se profile à l'horizon. Un homme, même parfait, nécessite un peu de tact pour être correctement manipulé. J'adhère moyennement au discours assénant qu'un célibataire a forcément besoin d'une femme pour faire le ménage chez lui, mais ici ça passe bien avec le personnage. Mma Ramotswe se présente fièrement comme une femme traditionnelle, tout en tenant aux avancées de la modernité, en premier lieu son travail.
Elle sera d'ailleurs de plus en plus amenée à s'interroger sur sa conscience professionelle, en acceptant une enquête vouée à l'échec. Elle prend également le risque de bouleverser son quotidien en acceptant de promouvoir sa secrétaire, Mma Makutsi, assistante-détective.
J'aime beaucoup l'univers créé par Alexander McCall Smith, tout en me demandant ce que penserait une vraie Africaine de ce personnage de femme ambitieuse et très satisfaite d'elle-même, mais avant tout généreuse. Un humour bon enfant baigne tout le livre, qui a tout pour faire aimer l'Afrique.
Pour Mma Ramotswe, il y avait Dieu, Modimo, qui vivait dans le ciel, plus ou moins directement au-dessus de l'Afrique. Dieu se montrait compréhensif à l'extrême, en particulier vis-à-vis des gens comme elle, mais ne pas respecter ses règles, comme nombre d'individus qui n'en avaient cure, c'était s'exposer à des sanctions. En revanche, les gens de bien, comme Obed Ramotswe, le père de Mma Ramotswe, étaient indubitablement les bienvenus aux côtés de Dieu après leur mort. Le destin des autres n'était pas très clair : ils étaient envoyés dans un lieu abominable - qui devait ressembler un peu au Nigéria, estimait-elle - mais il leur suffisait de reconnaître leurs mauvaises actions pour être pardonnés. [p. 13-14]
Alexander McCall Smith, Les larmes de la girafe,
Editions 10/18, 2003, 238 pages (Tears of the Giraffe, 2000).
28 juillet 2008
Les hommes qui n'aimaient pas les femmes
Un homme d'affaire vieillissant contacte le journaliste Mikael Blomkvist pour essayer de résoudre une énigme policière qui le hante depuis plus de trente ans. Peu enthousiaste à l'idée de s'exiler dans un patelin glacial, Mikael brasse des paperasses sans entrain, jusqu'à ce que l'inconcevable se produise : un fait jusque là ignoré lui saute aux yeux ! Parallèlement à cette enquête, la jeune Lisbeth Salander mène sa petite vie détraquée tant bien que mal, avant que l'un de ses clients ne lui fasse rencontrer Mikael.
Il m'a fallu cent-cinquante pages pour accrocher à l'histoire, ensuite il est difficile de s'en détacher. Fureur, dégoût, impuissance, on partage les sentiments des enquêteurs au fur et à mesure de la découverte des faits.
Les personnages sont corsés mais solides. Mikael est un journaliste consciencieux, séducteur sur le retour, mis au ban de la profession suite à un procès en diffamation. C'est son sens extrême de la justice qui fait qu'on s'attache à lui. Lisbeth, punke au sang froid, n'aime pas du tout qu'on se mêle de ses affaires. Ses démêlés avec des salopards sans scrupule introduisent le thème des violences contre les femmes. Et puis c'est quoi, cette famille ?! La dynastie Vanger est la candidate idéale pour une bonne thérapie de groupe, à part que cela ferait sortir davantage de cadavres du placard que souhaité...
C'est donc un bon polar, pour autant que je puisse en juger, avec des intrigues secondaires révélant l'ambition de l'auteur : délinquance financière, violence machiste. Heureusement, il ne s'achève pas sur un suspense insoutenable, comme je le craignais, et on peut très bien attendre de lire le deuxième tome sans s'arracher les cheveux.
Stieg Larsson, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes,
Actes Sud, 2006, 575 pages (Män som batar kvinnor, 2005).
22 mars 2008
Mma Ramotswe détective
Lorsque Precious Ramotswe hérite de la fortune de son papa à l'âge de trente-cinq ans, elle ne songe pas à ouvrir un commerce ordinaire, une boucherie ou un débit de boisson, comme on le lui conseille sagement. Non, ce qu'elle veut, c'est ouvrir la première agence de détectives du Bostwana. Et, comme elle est particulièrement intelligente et têtue, la plupart de ses projets se concrétisent.
Mma Ramotswe possédait une agence de détectives en Afrique, au pied du mont Kgale. Voici les biens dont elle disposait : une toute petite fourgonnette blanche, deux bureaux, deux chaises, un téléphone et une vieille machine à écrire. Il y avait en outre une théière, dans laquelle Mma Ramotswe (seule femme détective privée du Botswana) préparait du thé rouge. Et aussi trois tasses : une pour elle, une pour sa secrétaire et une pour le client. De quoi d'autre une agence de détectives pourrait-elle avoir besoin ? Le Métier de détective repose sur l'intelligence et l'intuition humaines, et Mma Ramotswe possédait l'une et l'autre en abondance. Bien sûr, ce genre de chose ne figurerait jamais dans aucun inventaire...
Il y avait la vue aussi, mais elle non plus ne pouvait apparaître dans un inventaire. Comment une simple liste eût-elle décrit ce que l'on voyait de la porte de Mma Ramotswe ? Au premier plan, un acacia, cet épineux qui parsème les abords sauvages du Kalahari : longues épines blanches pour mettre en garde, feuilles gris-olive qui contrastent, délicates. parmi ses branchages, en fin d'après-midi ou dans la fraîcheur du petit matin, on pouvait voir - ou plutôt entendre - un touraco vert. et derrière l'acacia, par-delà la route poussiéreuse, les toits de la ville, sous une couverture d'arbres et de brousse. A l'horizon, dans le chatoiement azur des brumes de chaleur, les collines, telles d'improbables termitières géantes. (p. 7-8]
Plus qu'une intrigue à suivre tout au long du roman, ce livre de l'Ecossais Alexander McCall Smith, ayant longtemps vécu en Afrique, est une suite de petits histoires dans lesquelles se dessine progressivement le portrait de Mma Ramotswe, au passé plus lourd qu'il n'y semble au premier abord. Elle constitue un personnage touchant de dame au physique imposant restée très attachée à son "papa".
Notre première dame détective (et non détective pour dames, a-t-elle souvent besoin de préciser à son entourage sceptique) est dans l'improvisation totale : elle commence par acheter son local, embaucher sa secrétaire avant de se plonger dans la lecture du manuel du parfait détective. Elle se forme ainsi sur le tas, sans éviter des maladresses comiques : ainsi, il est rare que les personnes qu'on lui demande de pister ne l'aient pas vue venir à des kilomètres !
Ses enquêtes, menées avec plus d'enthousiasme que de professionnalisme, sont l'occasion de découvrir la vie quotidienne au Botswana, avec de petites piques au passage sur les problèmes sociaux ou les traditions hypocrites. Mma Ramotswe doit avant tout devenir crédible en tant que femme exerçant son métier, et ne manque jamais une occasion de remettre à leur place les machos qui la tournent en dérision. Pour autant, on ne peut pas la qualifier de féministe, puisque les défauts qu'elle reproche aux hommes, paresse, lâcheté, luxure, sont d'après elle dus à leur nature, et non à leur éducation spécifique.
Un personnage très sympathique, en tout cas, que l'on peut suivre dans six autres volumes. Je retenterai sûrement l'expérience, en espérant que les intrigues se complexifieront avec le temps.
Alexander McCall Smith, Mma Ramotswe détective, Editions 10/18,
2003, 250 pages ( The N°1 Ladies' Detective Agency, 1998).
02 mars 2008
The Hound of the Baskervilles
Lettre D du Challenge ABC 2008
Qui n'a jamais entendu parler des aventures du célèbre détective Sherlock Holmes et de son fidèle assistant Watson ? Bien que le nom me soit familier, je n'avais jamais ouvert le moindre livre de Sir Arthur Conan Doyle jusqu'à présent, ni regardé une de ses adaptations. Ne sachant donc pas précisément à quoi m'attendre, je me suis fixée sur l'enquête la plus célèbre de ce personnage, le Chien des Baskervilles.
Nous découvrons les premiers éléments de l'affaire sous l'oeil intrigué mais pas forcément observateur de Watson, le narrateur. Dévoué à Sherlock Holmes, il reste pétrifié d'admiration devant ses capacités de déduction, dont il est lui-même dépourvu. La technique du roman est bien rodée, avec des dialogues vivants, sous lesquels court une légère ironie.
On ne croit pas trop au cas exposé, celui d'une malédiction familiale, qui frappe sous la forme d'un chien démoniaque tout héritier s'aventurant sur la lande. Mais la façon dont Holmes mène l'enquête fait penser qu'une explication rationnelle peut se cacher derrière tout ça.
"Since the tragedy, Mr. Holmes, there have come to my ears several
incidents which are hard to reconcile with the settled order of Nature."
"For example?"
"I find that before the terrible event occurred several people
had seen a creature upon the moor which corresponds with this
Baskerville demon, and which could not possibly be any animal
known to science. They all agreed that it was a huge creature,
luminous, ghastly, and spectral. I have cross-examined these men,
one of them a hard-headed countryman, one a farrier, and one a
moorland farmer, who all tell the same story of this dreadful
apparition, exactly corresponding to the hell-hound of the legend.
I assure you that there is a reign of terror in the district,
and that it is a hardy man who will cross the moor at night."
"And you, a trained man of science, believe it to be supernatural?"
"I do not know what to believe."
Watson constitue un narrateur naïf, souvent drôle et je n'étais pas peu fière d'avoir deviné l'identité de l'homme sur la lande avant lui ! L'enquête vise à percer les faux-semblants des divers personnages gravitant autour de Baskerville Hall. Si leurs portraits restent superficiels, nous avons un aperçu des passions les plus noires pouvant agiter l'âme humaine. Un bon petit polar à la construction efficace, à l'intrigue prenante, où l'on frissonne avec le plus grand plaisir.
Arthur Conan Doyle, The Hound of the Baskervilles,
Penguin Student Edition, 2000, 167 pages (première édition en 1902)
26 décembre 2007
Le lieu du crime
Nouvelle enquête pour Barbara Havers et Thomas Lynley dans le cadre idéal-typique d'un manoir écossais transformé en hôtel, coupé du reste du monde par le temps hivernal. Une dramaturge est retrouvée sauvagement poignardée. L'un des invités est forcément le meurtrier !
J'ai apprécié le fait que les enquêteurs ne sachent absolument pas où ils allaient. Leur vision est déformée en permanence par leur origine sociale ou leurs passions du moment. Ils commettent à plusieurs reprises de grossières erreurs. Le milieu décrit, celui de la scène, m'a bien plu aussi. Loin du côté paillette, l'auteure campe des personnages nombrilistes et caractériels, dont on finit par penser que le meurtre n'est pas leur pire côté. Ah, et puis il y a une scène de sexe très réaliste, aussi.
Mais bon, on a encore une fois l'entourage des policiers mêlé à l'affaire complètement par hasard, ici lady Helen ; c'était déjà le cas dans le premier roman avec le couple Saint James. Ca commence à faire un peu gros ! Heureusement qu'il y a une vraie intrigue policière cette fois-ci, avec une totale incertitude sur le coupable jusqu'à la fin.
L'éclairage de la salle à manger de Westerbrae était de ceux qui rajeunissent tous les convives de dix ans, grâce à des appliques de cuivre sur les murs lambrissés et des candélabres placés à intervalles réguliers sur le plateau rutilant de la longue table d'acajou. Barbara Havers était installée à une extrémité, le plan de l'inspecteur Macaskin étalé devant elle, et comparait celui-ci à ses notes. La cendre incroyablement longue qui pendait au bout de la cigarette entre ses lèvres donnait l'impression qu'elle tentait de battre un record mondial, et elle plissait les yeux dans la fumée. Non loin de là, un des hommes de Macaskin, qui sifflait Memories avec une conviction passionnée, relevait les empreintes sur des dagues écossaises exposées en cercle au-dessus d'un buffet. Celles-ci faisaient partie d'une large panoplie de hallebardes, mousquets et haches de Lochaber, tout aussi meurtriers les uns que les autres.
Les sourcils froncés, Barbara tentait de concilier ce que lui avait appris Gowan Kilbride avec ce qu'elle voulait croire des faits. Ce n'était guère facile, et peu crédible. Elle fut soulagée lorsque l'écho d'un pas qui descendait le hall lui fournit un prétexte pour reporter son attention ailleurs. Elle leva les yeux, et la cendre de sa cigarette tomba sur son pull ras du cou. Elle la balaya d'un geste irrité, laissant sur la laine une trace grise. (p. 715)
Elizabeth George, Le lieu du crime, Omnibus, Romans 1, 2003,
pages 641 à 942 (première édition : Payment in Blood, 1989).
19 décembre 2007
Enquête dans le brouillard
Quel meilleur choix pour se mettre dans l'ambiance durant le trajet Paris-Londres en Eurostar qu'un roman d'Elizabeth George ? Car, si cette écrivaine est américaine, elle ne cache pas sa passion pour les îles britanniques et s'entend à merveille à la faire partager.
Je me suis donc attaquée au premier de ses polars, dont les ingrédients ont comblé toutes mes attentes. Un brave écclésiastique campagnard fait appel à Scotland Yard pour résoudre un cas épineux de décapitation. Une équipe improbable est dépêchée sur place : Barbara Havers, laide, mal atiffée, un caractère de chien qui lui a valu d'être rétrogradée à la circulation, et Thomas Lynley, beau, distingué, intelligent. C'est avant tout l'affrontement de deux classes sociales, le prolétariat urbain et la noblesse propriétaire. Barbara déteste d'instinct le beau blond tiré à quatre épingles. Lynley, de son côté, se demande ce qu'il a fait pour mériter la compagnie d'une telle furie.
L'auteure n'y va donc pas avec le dos de la cuillère pour construire ses personnages. Ca devient drôle quand ces deux coéquipiers sont censés enquêter en prenant des gants dans un contexte délicat, exigeant de grandes qualités psychologiques. Autour du meurtre, c'est toute une petite ville au charme suranné qui s'agite, avec ses habitants plus ou moins torturés. J'ai davantage aimé la description du milieu que la résolution du meurtre en tant que telle. De quoi me donner envie de lire les autres aventures du couple qui tue, assez proche finalement de celui formé par Scarpetta et Marino chez Patricia Cornwell !
Elizabeth George, Enquête dans le brouillard, Omnibus, Romans 1, 2003,
pages 359 à 640 (première édition : A Great Deliverance, 1988).
01 novembre 2007
Les égouts de Los Angeles
C'est animée d"une légitime soif de tripes et d'hémoglobine que j'ai tranché entre deux auteurs policiers qui me tentaient, grâce à une note d'Happy Few sur Echo Park.
Mais la rencontre ne s'est pas faite entre Harry Bosch, le flic californien, et moi. Au bout d'un quart du livre, je me suis rendue compte que je n'avais absolument pas envie de lire la suite. Le ton sentencieux du héros, ses pitreries face à la hiérarchie... rien à faire, je n'arrivais pas à le considérer comme un rebelle, ce qui était sans doute le but de l'auteur. Pour commencer, je ne parvenais pas à ressentir la moindre empathie pour quelqu'un qui s'était porté volontaire pour faire la guerre au Vietnam.
Conclusion : ma prochaine tentative de lectures létales sera l'oeuvre d'Elizabeth George.
Michael Connelly, Les égouts de Los Angeles, Le Seuil, 1993, 461 pages.
