<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>La biblioth&#xe8;que de Canthilde</title><link>http://bibliothilde.canalblog.com/</link><description>Je lis trop.</description><language>fr</language><lastBuildDate>Mon, 30 Nov 2009 11:38:03 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>La F&#xea;te au Bouc</title><dc:creator>canthilde</dc:creator><link>http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/11/12/15771392.html</link><category>Romans XXIe si&#xe8;cle</category><category>republique dominicaine</category><comments>http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/11/12/15771392.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://bibliothilde.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15771392/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/11/12/15771392.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;font color=&quot;#333366&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img height=&quot;311&quot; alt=&quot;fete_au_bouc&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/95/98/330078/46298342.jpg&quot; width=&quot;210&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;Lettre V du &lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://challengeabc2009.canalblog.com/&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#333366&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&lt;strong&gt;Challenge ABC 2009&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Urania Cabral, avocate new-yorkaise, vient rendre visite &#xe0; son p&#xe8;re impotent &#xe0; Saint-Domingue, apr&#xe8;s trente-cinq ans d&apos;absence. Elle en veut &#xe0; cet ancien ministre, fid&#xe8;le du dictateur Trujillo, qui n&apos;a jamais dig&#xe9;r&#xe9; sa disgr&#xe2;ce injustifi&#xe9;e. Le vieil homme enfin &#xe0; sa merci, elle va lui conter la mani&#xe8;re dont &lt;em&gt;elle&lt;/em&gt; a v&#xe9;cu la fin de ce r&#xe8;gne tyrannique, dont elle gardera toujours les s&#xe9;quelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mario Vargas Llosa revient sur cet &#xe9;pisode de l&apos;histoire de la R&#xe9;publique dominicaine, achev&#xe9; avec l&apos;assassinat de Trujillo, surnomm&#xe9; &amp;quot;le Bouc&amp;quot;, lors d&apos;un attentat en 1961. Trois fils narratifs se succ&#xe8;dent, s&apos;entrecroisent : l&apos;histoire d&apos;Urania, les derniers jours de Trujillo, o&#xf9; le despote voit sa sant&#xe9; d&#xe9;cliner, et la pr&#xe9;paration de l&apos;attentat par un petit groupe de contestataires. On d&#xe9;couvre le joug qui p&#xe8;se sur un petit pays soumis aux caprices d&apos;un gouvernement criminel, la figure charismatique du chef suscitant pourtant l&apos;id&#xf4;latrie de la majeure partie du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&apos;ai trouv&#xe9; le sujet int&#xe9;ressant mais son traitement malheureusement tr&#xe8;s moderne, entre le drame intime d&apos;une femme traumatis&#xe9;e &#xe0; vie et le portrait d&apos;un dirigeant m&#xe9;galomane, uniquement guid&#xe9; par ses pulsions. C&apos;est tr&#xe8;s actuel de nous mettre dans la peau d&apos;un psychopathe pervers, mais faut-il absolument chercher &#xe0; nous faire &lt;em&gt;comprendre&lt;/em&gt; ses d&#xe9;lires, nous faire partager ses obsessions et nous informer de ses moindres manifestations corporelles, jusqu&apos;au fond de son slip ? J&apos;avoue que ce choix me met mal &#xe0; l&apos;aise, n&apos;ayant aucune envie de comprendre la perversit&#xe9;, l&apos;&#xe9;tape suivante &#xe9;tant de l&apos;excuser. Pour la m&#xea;me raison, je n&apos;avais aucune envie de lire le prix Goncourt 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;Mario Vargas Llosa, &lt;em&gt;La F&#xea;te au Bouc&lt;/em&gt;, Ed. Gallimard,&lt;br /&gt;2002, 604 p. (&lt;em&gt;La fiesta del chivo&lt;/em&gt;, 2000).&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 12 Nov 2009 20:18:00 GMT</pubDate></item><item><title>La Jungle</title><dc:creator>canthilde</dc:creator><link>http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/11/10/15753440.html</link><category>Romans XXe si&#xe8;cle</category><category>chomage</category><category>etats-unis</category><category>travail</category><comments>http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/11/10/15753440.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://bibliothilde.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15753440/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/11/10/15753440.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;img height=&quot;345&quot; alt=&quot;la_jungle&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/78/25/330078/46218871.jpg&quot; width=&quot;210&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;Une pimpante famille lituanienne d&#xe9;barque &#xe0; Chicago, bien d&#xe9;cid&#xe9;e &#xe0; faire fortune. Il y a le vigoureux Jurgis, sa fianc&#xe9;e Ona, le vieux p&#xe8;re, la cousine Marija, une tante, d&apos;autres petits cousins. A peine descendus du train, on les dirige proprement vers Packingtown, le quartier des abattoirs, employeur de tous les nouveaux immigrants. Impressionn&#xe9;s par le gigantisme des b&#xe2;timents, ils ne se rendent pas tout de suite compte qu&apos;ils ont atterri dans une d&#xe9;charge et que, tel un troupeau de cochons entrant dans une usine de saucisses, leur destin est tout trac&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot; color=&quot;#000000&quot; size=&quot;1&quot;&gt;Quand Jurgis et ses compagnons se furent lass&#xe9;s de regarder les parcs, ils se dirig&#xe8;rent vers le coeur du complexe, l&#xe0; o&#xf9; s&apos;&#xe9;levait un imposant bloc de b&#xe2;timents en briques dont tous les murs, souill&#xe9;s par d&apos;innombrables couches de suie, &#xe9;taient couverts de r&#xe9;clames peintes. En les voyant, le visiteur prenait tout &#xe0; coup conscience qu&apos;il &#xe9;tait arriv&#xe9; &#xe0; l&apos;origine de bien de ses tourments quotidiens. L&#xe0;, on produisait ces denr&#xe9;es vant&#xe9;es sans tr&#xea;ve par les panneaux qui d&#xe9;figuraient le paysage quand il voyageait, les annonces qui lui accrochaient le regard lorsqu&apos;il lisait les journaux et les magazines, les stupides petites rengaines musicales qui lui trottaient dans la t&#xea;te sans qu&apos;il p&#xfb;t s&apos;en d&#xe9;barrasser, les affiches aux couleurs criardes plac&#xe9;es en embuscade &#xe0; chaque coin de rue. De l&#xe0; provenaient les Jambons et le Bacon Imp&#xe9;rial Brown, le Boeuf Accomod&#xe9; Brown, les Saucisses Excelsior Brown ! L&#xe0; &#xe9;tait install&#xe9; le quartier g&#xe9;n&#xe9;ral du Saindoux Cent pour Cent Pur Porc Durham, du Bacon du Matin Durham, du Boeuf en Bo&#xee;te Durham, des Terrines de Jambon, des Poulets Grill&#xe9;s aux Epices, des Engrais Sup&#xe9;rieurs Durham ![p. 73-74]&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#xe9;ritable &lt;em&gt;Germinal&lt;/em&gt; am&#xe9;ricain (il n&apos;y manque m&#xea;me pas la sc&#xe8;ne poignante de cynisme chez un riche !), le roman offre une description pr&#xe9;cise des conditions de vie du prol&#xe9;tariat au d&#xe9;but du XXe si&#xe8;cle. La m&#xe9;canique de l&apos;exploitation des ouvriers est d&#xe9;mont&#xe9;e pi&#xe8;ce par pi&#xe8;ce, tandis que les personnages subissent dans leur chair les cons&#xe9;quences de l&apos;organisation du travail. Arrivant avec ses humbles r&#xea;ves de travail honn&#xea;te, de propri&#xe9;t&#xe9; et d&apos;&#xe9;ducation pour les enfants, la famille n&apos;est pas de taille &#xe0; lutter contre les collusions entre le trust de la viande, les banquiers, les politiciens, le crime organis&#xe9; et la police. Tout est bon pour faire du profit, chez &lt;em&gt;Durham and Company&lt;/em&gt;, produisant entre autres le fameux corned beef, dont il vaut mieux ne pas analyser de trop pr&#xe8;s les ingr&#xe9;dients. Rien ne nous sera &#xe9;pargn&#xe9; sur les d&#xe9;tails de cette activit&#xe9;, propres &#xe0; nous faire devenir v&#xe9;g&#xe9;tariennes sur le champ. J&apos;avoue que, depuis cette lecture, je ressens un certain malaise &#xe0; l&apos;heure des courses au rayon des plats cuisin&#xe9;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, le livre ne s&apos;arr&#xea;te pas &#xe0; cet aspect de d&#xe9;nonciation d&#xe9;moralisante. Lorsque Jurgis, l&apos;enthousiaste, le candide des d&#xe9;buts, aura tout perdu, il commencera &#xe0; r&#xe9;fl&#xe9;chir sur le syst&#xe8;me qui l&apos;entoure. Les derniers chapitres se font militants, tandis qu&apos;il d&#xe9;couvre le socialisme et acquiert une conscience de classe, outils intellectuels qui lui faisaient d&#xe9;faut au d&#xe9;part pour prendre&amp;nbsp; du recul sur sa situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Upton Sinclair s&apos;est donn&#xe9; &#xe0; fond dans ces pages, qui refl&#xe8;tent ses propres convictions. Auteur &#xe0; scandales, il n&apos;a eu de cesse de d&#xe9;noncer la soci&#xe9;t&#xe9; capitaliste am&#xe9;ricaine, cr&#xe9;ant des coop&#xe9;ratives pour mettre ses id&#xe9;es en pratique. Il a beaucoup publi&#xe9; mais on a surtout entendu parler de lui en France l&apos;an dernier avec la sortie du film &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=109788.html&quot;&gt;There Will Be Blood&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, de Paul Thomas Anderson, adaptation de son roman &lt;em&gt;Oil&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;P&#xe9;trole !&lt;/em&gt;).&amp;nbsp; Il m&#xe9;rite amplement d&apos;&#xea;tre lu aujourd&apos;hui, pour sa description d&apos;un syst&#xe8;me bas&#xe9; sur le ch&#xf4;mage comme moyen de pression, le recours &#xe0; une main d&apos;oeuvre encore plus d&#xe9;favoris&#xe9;e pour casser les gr&#xe8;ves, la corruption des contrema&#xee;tres qui se font verser un pourcentage du salaire moyennant embauche ,&amp;nbsp; rien que des d&#xe9;tails tristement actuels (voir par exemple les conditions de travail des sans-papiers dans certains secteurs)...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;Upton Sinclair, &lt;em&gt;La Jungle&lt;/em&gt;, M&#xe9;moire du livre,&lt;br /&gt;2003, 548 p. (&lt;em&gt;The Jungle&lt;/em&gt;, 1906).&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 10 Nov 2009 21:08:00 GMT</pubDate></item><item><title>Les Nuits blanches</title><dc:creator>canthilde</dc:creator><link>http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/11/03/15591487.html</link><category>Romans XIXe si&#xe8;cle</category><category>amour</category><category>russie</category><comments>http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/11/03/15591487.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://bibliothilde.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15591487/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/11/03/15591487.html</guid><description>&lt;p =&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;338&quot; alt=&quot;nuits_blanches&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/36/84/330078/45782464.jpg&quot; width=&quot;210&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;Un doux r&#xea;veur croise une inconnue &#xe9;plor&#xe9;e par une belle nuit d&apos;&#xe9;t&#xe9;. Tous deux, solitaires, incompris, ils vont se confier l&apos;un &#xe0; l&apos;autre, comme peu d&apos;amis ou d&apos;amants le font.&lt;/p&gt;
&lt;p =&quot;text-align: right;&quot;&gt;La jeune femme lui interdit de l&apos;aimer, son coeur est d&#xe9;j&#xe0; pris. Le jeune homme sait bien qu&apos;il est d&#xe9;j&#xe0; trop tard, il a tellement peu d&apos;occasions de s&apos;attacher...&lt;/p&gt;
&lt;p =&quot;text-align: right;&quot;&gt;La fin de l&apos;histoire n&apos;est pas si pr&#xe9;visible que &#xe7;a. Elle est triste, en partie, &#xe9;videmment, mais r&#xe9;serve une petite surprise.&lt;/p&gt;
&lt;p =&quot;text-align: right&quot; style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;F&#xe9;dor Dosto&#xef;evski, &lt;em&gt;Les Nuits blanches&lt;/em&gt;, Ed. Gallimard, &amp;quot;Biblioth&#xe8;que&lt;br /&gt;de la Pl&#xe9;iade&amp;quot;, 1956, p. 624 &#xe0; 682 [premi&#xe8;re &#xe9;dition en 1848].&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 03 Nov 2009 19:17:00 GMT</pubDate></item><item><title>Le Sous-sol</title><dc:creator>canthilde</dc:creator><link>http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/11/02/15591480.html</link><category>Romans XIXe si&#xe8;cle</category><category>folie</category><category>russie</category><comments>http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/11/02/15591480.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://bibliothilde.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15591480/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/11/02/15591480.html</guid><description>&lt;p =&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;346&quot; alt=&quot;sous_sol&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/85/56/330078/45782480.jpg&quot; width=&quot;210&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p =&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Je suis un homme malade... Je suis un homme m&#xe9;chant. Je suis un homme d&#xe9;plaisant. Je crois que j&apos;ai une maladie de foie. D&apos;ailleurs, je ne comprends absolument rien &#xe0; ma maladie et ne sais m&#xea;me pas au juste o&#xf9; j&apos;ai mal. [p. 685]&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p =&quot;text-align: right;&quot;&gt;C&apos;est parti pour cent pages d&apos;&#xe9;lucubrations malsaines et perverses, o&#xf9; le narrateur confie sa misanthropie et son inadaptation &#xe0; la soci&#xe9;t&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p =&quot;text-align: right;&quot;&gt;Il va ensuite raconter quelques heures de sa vie, tr&#xe8;s proches d&apos;une &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/10/10/15370254.html&quot;&gt;Sale histoire&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; : il s&apos;invite au d&#xee;ner d&apos;adieu d&apos;un camarade de lyc&#xe9;e, nomm&#xe9; en province, qu&apos;il a toujours d&#xe9;test&#xe9;. En quelques heures, il parvient sans peine &#xe0; s&apos;humilier devant tout le monde et &#xe0; susciter aussi bien la haine que le m&#xe9;pris. C&apos;est en voulant suivre le groupe des invit&#xe9;s dans une maison close qu&apos;il s&apos;offre au passage les services d&apos;une prostitu&#xe9;e, Lisa. Apr&#xe8;s quoi, il lui tient le discours le plus culpabilisant qui soit, poussant la pauvre fille au d&#xe9;sespoir.&lt;/p&gt;
&lt;p =&quot;text-align: right;&quot;&gt;La n&#xe9;vrose irr&#xe9;cup&#xe9;rable de ce pitoyable personnage appara&#xee;t dans les derni&#xe8;res pages, o&#xf9; son comportement tient de la torture psychologique pure et simple. Il le sait, il en souffre et il s&apos;y enfonce encore plus.&lt;/p&gt;
&lt;p =&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Vers la fin je n&apos;y tins plus moi-m&#xea;me : avec les ann&#xe9;es je ressentais le besoin d&apos;aller vers les hommes, d&apos;avoir des amis. J&apos;essayai donc de me rapprocher de certains de mes camarades ; mais il y avait toujours quelque chose de faux dans nos rapports qui tr&#xe8;s vite prenaient fin. Une fois, pourtant, j&apos;eus un ami. Mais j&apos;&#xe9;tais d&#xe9;j&#xe0; un despote dans l&apos;&#xe2;me ; je pr&#xe9;tendais dominer enti&#xe8;rement son esprit, je voulais lui insuffler le m&#xe9;pris envers son entourage, j&apos;exigeais de lui qu&apos;il bris&#xe2;t d&#xe9;finitivement et fi&#xe8;rement avec son milieu. Mon amiti&#xe9; passionn&#xe9;e l&apos;&#xe9;pouvanta ; je le troublai jusqu&apos;aux larmes, jusqu&apos;aux convulsions. C&apos;&#xe9;tait une &#xe2;me na&#xef;ve et g&#xe9;n&#xe9;reuse. Mais d&#xe8;s qu&apos;il se fut donn&#xe9; &#xe0; moi tout entier, je le d&#xe9;testai et je le repoussai. Comme si je n&apos;en avais eu besoin que pour remporter une victoire et m&apos;en rendre ma&#xee;tre. [p. 744]&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p =&quot;text-align: right&quot; style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;F&#xe9;dor Dosto&#xef;evski, &lt;em&gt;Le Sous-sol&lt;/em&gt;, Ed. Gallimard, &amp;quot;Biblioth&#xe8;que&lt;br /&gt;de la Pl&#xe9;iade&amp;quot;, 1956, p. 683 &#xe0; 799 [premi&#xe8;re &#xe9;dition en 1863].&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 02 Nov 2009 18:17:00 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;Eternel mari</title><dc:creator>canthilde</dc:creator><link>http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/11/01/15591473.html</link><category>Romans XIXe si&#xe8;cle</category><category>folie</category><category>russie</category><comments>http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/11/01/15591473.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://bibliothilde.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15591473/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/11/01/15591473.html</guid><description>&lt;p =&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;img height=&quot;343&quot; alt=&quot;leternel_mari&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/90/52/330078/45782505.jpg&quot; width=&quot;210&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p =&quot;text-align: right;&quot;&gt;Veltchaninov, bel homme hypocondriaque, a l&apos;impression d&apos;&#xea;tre poursuivi par un inconnu. Il finit par le reconna&#xee;tre : c&apos;&#xe9;tait le mari, veuf &#xe0; pr&#xe9;sent, d&apos;une femme qu&apos;il a aim&#xe9;e neuf ans auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p =&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#333366&quot;&gt;Il est vrai que, ne ressentant plus de haine pour elle, il pouvait maintenant la juger plus impartialement, et lui rendre justice. Son avis, form&#xe9; depuis longtemps au cours de ces neuf ann&#xe9;es de s&#xe9;paration, &#xe9;tait que Natalia Vassilevna appartenait au nombre des dames de province tr&#xe8;s ordinaires, des dames de la &amp;quot;bonne&amp;quot; soci&#xe9;t&#xe9; provinciale : &amp;quot;Qui sait, c&apos;&#xe9;tait peut-&#xea;tre vraiment ainsi, et j&apos;&#xe9;tais le seul &#xe0; me forger des id&#xe9;es fantastiques &#xe0; son sujet.&amp;quot; Il s&apos;&#xe9;tait toujours dout&#xe9;, pourtant, que cette opinion pouvait &#xea;tre erron&#xe9;e en partie ; il le ressentit aussi maintenant. [p. 979]&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p =&quot;text-align: right;&quot;&gt;Entre les deux hommes s&apos;&#xe9;tablit une relation tr&#xe8;s ambigu&#xeb;, o&#xf9; les envies de meurtre sont dissimul&#xe9;es derri&#xe8;re une affabilit&#xe9; douteuse. Dosto&#xef;evski s&apos;attache au moment de la crise, quand la psychologie des personnages peut basculer vers la folie &#xe0; tout instant. Comme dans la plupart de ses romans, ses personnages sont &amp;quot;borderline&amp;quot; et agissent de mani&#xe8;re incoh&#xe9;rente, incompr&#xe9;hensible pour eux-m&#xea;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p =&quot;text-align: right;&quot;&gt;Le r&#xe9;cit est tr&#xe8;s ironique, jusqu&apos;&#xe0; la derni&#xe8;re ligne. Le passage dans la famille Zakhl&#xe9;binine, o&#xf9; toutes les jeunes filles se liguent contre le pr&#xe9;tendant grotesque qu&apos;on cherche &#xe0; imposer &#xe0; l&apos;une d&apos;elles, est d&apos;une dr&#xf4;lerie cruelle, particuli&#xe8;rement ac&#xe9;r&#xe9;e. J&apos;ai beaucoup aim&#xe9; l&apos;absurdit&#xe9; qui baigne le r&#xe9;cit, venant contrebalancer la r&#xe9;alit&#xe9; sordide des personnages.&lt;/p&gt;
&lt;p =&quot;text-align: right&quot; style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;F&#xe9;dor Dosto&#xef;evski, &lt;em&gt;L&apos;Eternel mari&lt;/em&gt;, Ed. Gallimard, &amp;quot;Biblioth&#xe8;que&lt;br /&gt;de la Pl&#xe9;iade&amp;quot;, 1956, p. 949 &#xe0; 1097 [premi&#xe8;re &#xe9;dition en 1870].&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 01 Nov 2009 08:16:00 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;Adolescent</title><dc:creator>canthilde</dc:creator><link>http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/10/31/15591462.html</link><category>Romans XIXe si&#xe8;cle</category><category>russie</category><comments>http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/10/31/15591462.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://bibliothilde.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15591462/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/10/31/15591462.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;img height=&quot;333&quot; alt=&quot;ladolescent&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/50/20/330078/45782299.jpg&quot; width=&quot;210&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;Voil&#xe0; un roman de Dosto&#xef;evski qui ne restera pas parmi mes pr&#xe9;f&#xe9;r&#xe9;s. Ce qui m’a rebut&#xe9;e, au d&#xe9;part, c’est la confusion totale dans les noms de personnages, qui m’a poursuivie jusqu’&#xe0; la fin, pire que dans les autres romans russes lus r&#xe9;cemment ! Ensuite, le d&#xe9;sordre du r&#xe9;cit, du au h&#xe9;ros, un jeune homme qui ne cache pas ses difficult&#xe9;s &#xe0; retracer les &#xe9;v&#xe9;nements de l’ann&#xe9;e &#xe9;coul&#xe9;e. M&#xea;me l’histoire ne m’a pas emball&#xe9;e, un drame familial artificiel, un scandale pr&#xea;t &#xe0; &#xe9;clater, dont on cherche le c&#xf4;t&#xe9; choquant, une construction de l’intrigue trop travaill&#xe9;e, qui donne une impression d’incoh&#xe9;rence, au lieu de d&#xe9;couler naturellement des personnages…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#cc9933&quot;&gt;&lt;strong&gt;Je me borne &#xe0; enregistrer les &#xe9;v&#xe9;nements, &#xe9;vitant de toutes mes forces ce qui leur est &#xe9;tranger, et surtout les artifices litt&#xe9;raires ; un litt&#xe9;rateur &#xe9;crit trente ann&#xe9;es durant, et finalement ignore pourquoi il a &#xe9;crit tant d’ann&#xe9;es. Je ne suis pas litt&#xe9;rateur et je ne veux pas l’&#xea;tre. Tra&#xee;ner l’intimit&#xe9; de mon &#xe2;me et une jolie description de mes sentiments sur leur march&#xe9; litt&#xe9;raire serait &#xe0; mes yeux une inconvenance et une bassesse. [p. 3]&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arkadi &#xe9;crit ses m&#xe9;moires &#xe0; vingt ans. Voil&#xe0; d&#xe9;j&#xe0; de quoi inciter &#xe0; la circonspection ! D&#xe8;s le d&#xe9;but, il prend la pause, affiche une indiff&#xe9;rence, une hauteur face &#xe0; son malheur dont il esp&#xe8;re qu’elle forcera l’admiration. La lectrice n’est pas dupe et peut d&#xe9;celer au fil du r&#xe9;cit les v&#xe9;ritables blessures qui le caract&#xe9;risent. Sa naissance ill&#xe9;gitime, en premier lieu : sa m&#xe8;re ayant &#xe9;pous&#xe9; un serf nettement plus &#xe2;g&#xe9; qu’elle, Makar Ivanov Dolgorouki, le quitte pour le propri&#xe9;taire du domaine, Versilov. Arkadi est reconnu par le mari l&#xe9;gitime, pour subir la honte suppl&#xe9;mentaire de porter ce nom de Dolgorouki, famille princi&#xe8;re c&#xe9;l&#xe8;bre, l’obligeant &#xe0; pr&#xe9;ciser &#xe0; chaque nouvelle rencontre qu’il n’appartient pas &#xe0; cette branche hupp&#xe9;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#xe8;s une enfance malheureuse dans une pension pour riches o&#xf9; on lui fait sentir sa b&#xe2;tardise, il ressent le besoin de retourner aupr&#xe8;s de ses parents biologiques et de sa soeur Lisa. Son p&#xe8;re, surtout, l&apos;attire. Il s&apos;en est forg&#xe9; une image id&#xe9;ale &#xe0; l&apos;occasion d&apos;une unique visite, il le v&#xe9;n&#xe8;re, s&apos;en dit &amp;quot;amoureux&amp;quot;. La d&#xe9;sillusion d&apos;un jeune homme de dix-huit ans, tortur&#xe9; et orgueilleux, sera &#xe0; la hauteur de ces r&#xea;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refusant d&apos;entrer &#xe0; l&apos;universit&#xe9;, il est plac&#xe9; par son p&#xe8;re comme damoiseau de compagnie chez un vieux prince un peu s&#xe9;nile. Il devient l&apos;observateur des intrigues qui l&apos;entourent, dans lesquelles rentrent des liaisons clandestines, des groupes r&#xe9;volutionnaires et une bande de ma&#xee;tres-chanteurs. Consid&#xe9;r&#xe9; comme un blanc-bec sournois, ce qu&apos;il est, en r&#xe9;alit&#xe9;, il raconte avec exaltation les diff&#xe9;rentes affaires auxquelles il assiste et participe m&#xea;me parfois, ne faisant que compliquer la situation. Tout en se d&#xe9;fendant du moindre sentimentalisme, de l&apos;auto-apitoiement et de la na&#xef;vet&#xe9; qu&apos;il ne manque pourtant pas de r&#xe9;v&#xe9;ler. Son point de vue de tout jeune homme, pas tout &#xe0; fait fini encore, comporte son lot de jugements &#xe0; l’emporte pi&#xe8;ce, pas mal d’illusions sur lui-m&#xea;me, une misogynie risible pour ces &amp;quot;serpents&amp;quot; de femmes qui l&apos;effraient et le fascinent malgr&#xe9; lui.&amp;nbsp; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;F&#xe9;dor Dosto&#xef;evski, &lt;em&gt;L’Adolescent&lt;/em&gt;, Ed. Gallimard, &amp;quot;Biblioth&#xe8;que&lt;br /&gt;de la Pl&#xe9;iade&amp;quot;, 1956, p. 1 &#xe0; 624 [premi&#xe8;re &#xe9;dition en 1875].&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 31 Oct 2009 11:15:00 GMT</pubDate></item><item><title>The Longest Journey</title><dc:creator>canthilde</dc:creator><link>http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/10/24/15127012.html</link><category>Romans XXe si&#xe8;cle</category><category>grande-bretagne</category><category>travail</category><comments>http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/10/24/15127012.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://bibliothilde.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15127012/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/10/24/15127012.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;img height=&quot;286&quot; alt=&quot;longest_journey&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/08/82/330078/45510308.jpg&quot; width=&quot;210&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;Curieux parcours de lecture avec cet excellent deuxi&#xe8;me roman de Forster. Je l&apos;ai emprunt&#xe9; trois fois en plusieurs mois, dont deux en anglais, avant d&apos;en venir &#xe0; bout ! Je ne m&apos;explique pas cette lenteur, l&apos;&#xe9;criture de l&apos;auteur m&apos;ayant sembl&#xe9; tout aussi sublime que d&apos;habitude...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l&apos;inverse de ses autres romans, montrant comment on peut parvenir &#xe0; s&apos;&#xe9;panouir en se lib&#xe9;rant des pr&#xe9;jug&#xe9;s sociaux, celui-ci d&#xe9;roule froidement une existence qui sombre dans le conformisme, &#xe0; travers un choix amoureux pourtant libre et heureux. C&apos;est presque l&apos;histoire de &lt;em&gt;Maurice&lt;/em&gt;, sans la sinc&#xe9;rit&#xe9; des deux jeunes hommes qui s&apos;avouent leur attirance. Ici, l&apos;un d&apos;eux fuit l&apos;ambigu&#xef;t&#xe9; homosexuelle dans le mariage et, s&apos;il renoue avec son attirance premi&#xe8;re au fil de l&apos;histoire, les choses ne seront jamais dites aussi clairement que dans le dernier roman de Forster.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rickie est un &#xe9;tudiant exalt&#xe9;, laid et souffreteux. Il caresse l&apos;ambition de devenir &#xe9;crivain et s&apos;&#xe9;panche dans des nouvelles glorifiant la nature mystique. Il parvient &#xe0; &#xe9;pouser une belle jeune femme, qui nourrit quelques espoirs sur sa future renomm&#xe9; litt&#xe9;raire. Mais, au fil du temps, l&apos;ennui s&apos;installe dans le couple, avec la politesse de bon ton, le m&#xe9;pris discret. Rickie, pour gagner sa vie comme tout le monde, devient professeur dans un pensionnat et abandonne l&apos;&#xe9;criture. S&apos;imaginant avoir des &amp;quot;id&#xe9;es larges&amp;quot;, le couple va &#xea;tre mortifi&#xe9; par la r&#xe9;v&#xe9;lation d&apos;un secret familial, qui fera appara&#xee;tre leur petitesse et leur attachement aux convenances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#ff0033&quot;&gt;&amp;quot;I don&apos;t hate Aunt Emily. Honestly. But certainly I don&apos;t want to be near her or think about her. Don&apos;t you think there are two great things in life that we ought to aim at -- truth and kindness? Let&apos;s have both if we can, but let&apos;s be sure of having one or the other. My aunt gives up both for the sake of being funny.&amp;quot; [p. 122]&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;E.M. Forster, &lt;em&gt;The Longest Journey&lt;/em&gt;, Penguin Books,&lt;br /&gt;1989, 289 p. (premi&#xe8;re &#xe9;dition en 1907).&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 24 Oct 2009 12:32:00 GMT</pubDate></item><item><title>La Renarde du d&#xe9;sert</title><dc:creator>canthilde</dc:creator><link>http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/10/19/15357802.html</link><category>Romans XXIe si&#xe8;cle</category><category>mongolie</category><comments>http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/10/19/15357802.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://bibliothilde.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15357802/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/10/19/15357802.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;font color=&quot;#cc9900&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img height=&quot;318&quot; alt=&quot;renarde&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/90/47/330078/45345281.jpg&quot; width=&quot;210&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;Lettre X du &lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://challengeabc2009.canalblog.com/&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#cc9900&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&lt;strong&gt;Challenge ABC 2009&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#xe8;re entourloupe pour mon challenge ! Double entourloupe, devrais-je dire, puisque non contente de changer de livre pour la lettre X en cours de route, un comportement tout &#xe0; fait contraire &#xe0; mon &#xe9;thique, je profite une fois de plus de la confusion autour des noms asiatiques pour lire, en fait, un G. C&apos;est inqualifiable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que le &lt;em&gt;Poisson globe&lt;/em&gt; ne m&apos;a gu&#xe8;re emball&#xe9;e lorsque je me suis mise en t&#xea;te de l&apos;ajouter &#xe0; mes lectures du mois. J&apos;ai pr&#xe9;f&#xe9;r&#xe9; troquer la superficialit&#xe9; japonaise contre la profondeur du d&#xe9;sert mongol. J&apos;ai &#xe9;t&#xe9; servie, avec ces fables d&#xe9;pouill&#xe9;es et &#xe9;mouvantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#xe8;re, un homme d&#xe9;cide par temp&#xe9;rament de s&apos;&#xe9;tablir aux abords du d&#xe9;sert de Gobi, dont le sable grignote peu &#xe0; peu les terres fertiles. Une courte union le fait h&#xe9;riter d&apos;une fille vigoureuse ; les deux cohabitent en pensant parfois au vaste monde. Lorsque celui-ci se rappelle &#xe0; eux, c&apos;est pour menacer leur seule richesse, une renarde au pelage flamboyant, bien d&#xe9;cid&#xe9;e &#xe0; survivre dans cet environnement hostile, pour laquelle le p&#xe8;re &#xe9;prouve une v&#xe9;ritable fascination. M&#xea;me attirance dans la deuxi&#xe8;me nouvelle, &amp;quot;Les Loups du d&#xe9;sert&amp;quot;, qui brode de mani&#xe8;re intelligente sur un th&#xe8;me litt&#xe9;raire bien connu. Une belle r&#xe9;flexion sur l&apos;animalit&#xe9; pr&#xe9;sente en chaque &#xea;tre humain, qui r&#xe9;fl&#xe8;te bien ce que je cherchais &#xe0; travers le th&#xe8;me de ce challenge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#cc9933&quot;&gt;&lt;strong&gt;Plus tard, Lao Sha se promenait entre les dunes, fusil &#xe0; l&apos;&#xe9;paule, lorsqu&apos;il tomba sur la piste d&apos;un animal. L&apos;ayant suivie, il d&#xe9;couvrit sous un tas de ronce une fourrure flamboyante : c&apos;&#xe9;tait un renardeau. Il boitait, apparemment bless&#xe9; par quelque grosse b&#xea;te ; le malheureux avait d&#xfb; trouver refuge dans le grand d&#xe9;sert pour gu&#xe9;rir. A son approche, l&apos;animal se mit &#xe0; glapir. Lao Sha le mit en joue, par instinct, mais renon&#xe7;a tout de suite &#xe0; son geste : le renardeau tenait dans son museau un rat. La r&#xe9;v&#xe9;lation rapprocha d&apos;un coup l&apos;homme de l&apos;animal qu&apos;il avait en aversion. Heureux de la pr&#xe9;sence d&apos;un alli&#xe9; comp&#xe9;tent dans sa lutte pour la protection des plantes du d&#xe9;sert, Lao Sha rebroussa doucement chemin, le coeur palpitant d&apos;&#xe9;motion. [p. 15]&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;Guo Xuebo, &lt;em&gt;La Renarde du d&#xe9;sert&lt;/em&gt;, Bleu de Chine,&lt;br /&gt;2001, 122 p. [&lt;em&gt;Sha hu Nong&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Sha lang Nong&lt;/em&gt;, 1992].&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 19 Oct 2009 20:08:00 GMT</pubDate></item><item><title>Une sale histoire</title><dc:creator>canthilde</dc:creator><link>http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/10/10/15370254.html</link><category>Romans XIXe si&#xe8;cle</category><category>russie</category><comments>http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/10/10/15370254.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://bibliothilde.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15370254/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/10/10/15370254.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;img height=&quot;338&quot; alt=&quot;sale_histoire&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/07/25/330078/44938365.jpg&quot; width=&quot;210&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;Apr&#xe8;s une discussion anim&#xe9;e, et quelque peu arros&#xe9;e, sur la r&#xe9;forme en Russie, la soci&#xe9;t&#xe9; nouvelle, l&apos;&#xe9;galit&#xe9; entre tous les individus, le conseiller d&apos;Etat Ivan Ilitch Pralinski d&#xe9;cide sur un coup de t&#xea;te de s&apos;inviter &#xe0; la noce de l&apos;un de ses subalternes, Porphiri P&#xe9;trovitch Pseldonimov. Dans un &#xe9;lan de g&#xe9;n&#xe9;rosit&#xe9;, il avait imagin&#xe9; faire fi de la diff&#xe9;rence de classe, enchanter l&apos;assembl&#xe9;e par son esprit, chatouiller la mari&#xe9;e au passage, bref, rien que de bonnes intentions. Rien ne se d&#xe9;roulera comme pr&#xe9;vu, pour auatnt que le h&#xe9;ros ait pr&#xe9;vu quelque chose dans son d&#xe9;lire alcoolis&#xe9;. Il se rendra compte, &#xe0; ses d&#xe9;pends, que les id&#xe9;es nouvelles n&apos;ont pas effleur&#xe9; les &amp;quot;domin&#xe9;s&amp;quot;. Au contraire, ils pr&#xe9;f&#xe8;rent que chacun reste &#xe0; sa place et que rien ne bouge. C&apos;est donc un roman sociologiquement incorrect, o&#xf9; le tragique pointe sous la farce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#993300&quot;&gt;Ivan Ilitch eut l&apos;impression que cette cr&#xe9;ature &#xe9;tait des plus douteuses. Mais il y avait, en dehors d&apos;elle, d&apos;autres personnes douteuses, des gens qui vous inspiraient, malgr&#xe9; vous, de la crainte et de l&apos;inqui&#xe9;tude. Il semblait m&#xea;me qu&apos;ils &#xe9;taient en train, allez savoir, de comploter ensemble, et pr&#xe9;cis&#xe9;ment contre Ivan Ilitch. Du moins, telle fut l&apos;impression qu&apos;il en eut, et, tout au long du repas, il ne fit que s&apos;en convaincre davantage. Je veux dire que, de mauvais aloi, il y avait un certain monsieur &#xe0; barbiche, une sorte d&apos;artiste libre ; il lan&#xe7;a m&#xea;me plusieurs regards vers Ivan Ilitch, ensuite de quoi, se tournant vers son voisin, il lui chuchota quelque chose. Un autre, un &#xe9;tudiant, &#xe9;tait certes, d&#xe9;j&#xe0; compl&#xe8;tement so&#xfb;l, mais, tout de m&#xea;me douteux &#xe0; certains signes. L&apos;&#xe9;tudiant en m&#xe9;decine, lui aussi, donnait des espoirs douteux. [p. 65]&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;F&#xe9;dor Dosto&#xef;evski, &lt;em&gt;Une sale histoire&lt;/em&gt;, Actes Sud, 2001, 98 p. (&lt;em&gt;Skverny anekdot&lt;/em&gt;, 1862).&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 10 Oct 2009 07:24:00 GMT</pubDate></item><item><title>La Petite poule d&apos;eau</title><dc:creator>canthilde</dc:creator><link>http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/10/09/15348947.html</link><category>Romans XXe si&#xe8;cle</category><category>canada</category><comments>http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/10/09/15348947.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://bibliothilde.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15348947/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://bibliothilde.canalblog.com/archives/2009/10/09/15348947.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;img height=&quot;315&quot; alt=&quot;petite_poule_deau&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/19/81/330078/44900657.jpg&quot; width=&quot;210&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;font color=&quot;#669933&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lettre R du &lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://challengeabc2009.canalblog.com/&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#669933&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&lt;strong&gt;Challenge ABC 2009&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La famille Tousignant vit sur une petite &#xee;le de la r&#xe9;gion du Manitoba, au Canada, un lieu-dit isol&#xe9; o&#xf9; tout s&apos;appelle &amp;quot;la petite poule d&apos;eau&amp;quot;, eu &#xe9;gard &#xe0; la faune essentiellement volatile peuplant ces contr&#xe9;es aquatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En trois grosses nouvelles, nous nous familiarisons avec la vie rude de cette famille nombreuse, f&#xe9;rue d&apos;&#xe9;ducation, qui conna&#xee;t bien des vicissitudes pour faire venir une institutrice sur l&apos;&#xee;le plusieurs mois par an. Si le r&#xe9;cit est vivant, touchant, je n&apos;ai pu m&apos;emp&#xea;cher d&apos;avoir le coeur serr&#xe9; devant le portrait de Luzina, la m&#xe8;re au grand coeur. Accabl&#xe9;e par les grossesses &#xe0; r&#xe9;p&#xe9;tition, elle ne satisfait ses timides d&#xe9;sirs d&apos;instruction qu&apos;en tendant l&apos;oreille au brouhaha de l&apos;&#xe9;cole, entre deux t&#xe2;ches domestiques. De quoi faire penser que la qui&#xe9;tude de ce petit coin de paradis est acquise par son dur labeur quotidien...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la description d&apos;une r&#xe9;gion &#xe9;tonnante, &#xe0; moiti&#xe9; d&#xe9;serte, o&#xf9; se c&#xf4;toient ponctuellement des &#xe9;migr&#xe9;s russes, polonais, ukrainiens, islandais et &amp;quot;m&#xe9;tis&amp;quot;. Le moindre voyage prend une dimension &#xe9;pique, les aventuriers t&#xe9;m&#xe9;raires devant sauter de barques en camions, trains, tra&#xee;neaux pour rejoindre les plus gros villages, constitu&#xe9;s tout au plus de dix barraques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#669933&quot;&gt;Les Tousignant avaient un canot pour traverser la rivi&#xe8;re. S&apos;il se trouvait sur la rive &#xe9;loign&#xe9;e, un des voyageurs devait aller le chercher &#xe0; la nage. On s&apos;en allait ensuite au fil de l&apos;eau, tout envelopp&#xe9; d&apos;un silence comme il s&apos;en trouve peu souvent sur terre, ou plut&#xf4;t de froissements de joncs, de battements d&apos;ailes, de mille petits bruits cach&#xe9;s, secrets, timides, y produisant quelque effet aussi reposant et doux qu&apos;en procure le silence. De grosse poules des prairies, presque trop lourdes pour voler, s&apos;&#xe9;levaient quelque peu des bords embroussaill&#xe9;s de la rivi&#xe8;re pour aller s&apos;abattre aussit&#xf4;t un peu plus loin, d&#xe9;j&#xe0; lasses de leur paresseux effort. [p. 12-13]&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gabrielle Roy s&apos;inspire ici de sa premi&#xe8;re exp&#xe9;rience d&apos;institutrice au Manitoba, o&#xf9; elle s&apos;est beaucoup ennuy&#xe9;e, pour s&apos;en souvenir avec nostalgie une dizaine d&apos;ann&#xe9;es plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;Gabrielle Roy, &lt;em&gt;La Petite poule d&apos;eau&lt;/em&gt;, Bor&#xe9;al&lt;br /&gt;Compact, 1993, 265 p. [premi&#xe8;re &#xe9;dition en 1950].&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 09 Oct 2009 16:33:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>