La bibliothèque de Canthilde

Je lis trop.

27 avril 2009

Mon premier meurtre

premier_meurtreLeena Lehtolainen, romancière finlandaise, a déjà publié sept polars ayant pour héroïne l'inspectrice de police Maria Kallio. Seul trois d'entre eux ont été traduits en français à ce jour et c'est bien dommage.

Maria est l'héroïne typique que j'attendais : intelligente, passionnée de rock, la crinière rousse indomptable, une certain idéal de vie où n'entrent pas la surconsommation à crédit et l'élevage d'une nombreuse progéniture... Au début de l'histoire, âgée de 28 ans environ, elle a beaucoup de mal à s'imposer auprès de ses collègues du commissariat d'Helsinki. Alors qu'elle s'efforce de jouer les gros bras, elle se retrouve confrontée au meurtre d'une ancienne connaissance datant de ses années d'étudiante, le séduisant Jukka Peltonen. A travers les retrouvailles avec ses anciennes camarades, dont certaines chantent toujours à la chorale d'étudiants, elle interroge ses choix de vie et de carrière.

L'intérêt principal du livre n'est pas dans la résolution du meurtre (Jukka apparaît rapidement comme une tête à claques) mais plutôt dans la description de ce petit monde plus torturé qu'il n'y paraît. La fin donne dans le spectaculaire à outrance mais j'aimerais beaucoup continuer à suivre les enquêtes de cette sympathique policière.

Leena Lehtolainen, Mon premier meurtre, Gaïa Editions,
2004, 218 pages (Ensimmäinen murhani, 1993).

Posté par canthilde à 21:33 - Létales - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

24 juillet 2007

Le lièvre de Vatanen

li_vreLes errances de Vatanen, un journaliste finlandais que la vie moderne fait dépérir. Tout commence lorsque la voiture qui le ramène avec un collègue sur une route de campagne heurte un jeune lièvre. Choqué, Vatenen cherche à soigner le lièvre ; il observe le paysage autour de lui, décide contre toute attente de ne pas remonter en voiture. Il s'enfonce dans la nature, toujours plus au Nord.

Qualifié de " roman d'humour écologique", le livre se lit d'une traite, avec ses mésaventures légères en apparence, qui fustigent au passage la police, la famille, la religion, la politique... Un vrai pamphlet, ponctué de crottes de lièvre aux bons endroits pour bien montrer l'inanité des entreprises humaines. Le lien entre l'animal et Vatanen est très touchant, ils deviennent vite inséparables et suscitent l'étonnement sur leur passage.

Cela dit, à titre personnel, certains passages m'ont semblé très lourds. Le message écolo est asséné sans subtilité. Le héros est d'une misogynie sans fond. Sa femme est une emmerdeuse et il la quitte sans un regret, les femmes en général ont l'esprit étriqué et se préoccupent bien plus de leurs atours que du monde qui les entoure. On atteint le sommet lorsqu'il réussit à se dégoter une nouvelle compagne et l'admire comme une bonne pièce de bétail : jeune, bien faite, bonnes dents... De quoi me rendre vite Vatanen antipathique !

Finalement, le personnage que j'ai préféré, c'est le lièvre, une bête sensible et intelligente. Ca me rend curieuse quant à l'auteur : tient-il ce genre de discours dans tous ses livres, ou bien est-ce juste pour ce personnage-là ?

Arto Paasilinna, Le lièvre de Vatanen, Gallimard, 1993, 203 pages.

Posté par canthilde à 21:23 - Romans XXe siècle - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :
« Accueil  1